Incursion dans le monde de l’importation !

par Yan Aubé

Suite à un article que je vous ai offert la semaine dernière au sujet de l’industrie du rhum au Canada, je vous propose cette semaine, tel que promis, une incursion dans le monde de merveilleux et fascinant de l’importation.

 

En effet, il est vrai que le monde de l’importation est assez fascinant lorsque l’on parle de spiritueux et ce, surtout au Québec. Tout d’abord, comment ai-je eu un intérêt pour tout ce qui est attrait à l’importation de spiritueux (incluant les rhums)? Bien sûr, je suis un grand passionné de rhum et ce depuis plusieurs années. Cependant, ma passion vivait seulement de ses rhums qui sont offerts sur les tablettes de la SAQ, LCBO ou de ceux que je ramenais lors de mes voyages à l’étranger.

D’ailleurs,le tout a commencé pendant l’un de mes voyages à Cuba. Lors de ce voyage, j’ai découvert un rhum excellent qui se nomme Legendario 7 ans. Lors de mon retour au Canada, j’ai entrepris des recherches incroyables sur sa disponibilité sur l’une de nos tablettes canadiennes mais malheureusement, ses recherches ne menèrent à rien.  Quelques temps après, alors que je dégustais justement un rhum dans un resto-bar de Montréal, j’ai vu passer un homme avec une caisse de ce rhum Legendario. Dois-je vraiment vous décrire l’étonnement et l’excitation que j’ai eue à ce moment précis ? J’ai donc été rencontrer cet homme qui s’est présenté à moi et qui à prit plusieurs minutes afin de m’expliquer en long et en large les procédures d’importations. Ce fût ma première importation privée. Depuis ce jour, Donald Gonzalez de l’agence G À LA DEUX et moi avons complété plusieurs importations privées ensemble et je n’ai pas assez de doigts pour vous dire le nombre d’importations que j’ai fais que se soit à l’aide d’agences ou directement avec la SAQ puis qu’effectivement il existe plusieurs méthodes de procéder. Certaines méthodes sont extrêmement simples et faciles, comme celle de Donald. Cependant, le domaine de l’importation comporte plusieurs facettes. Premièrement, en tant que consommateur, vous êtes en mesure d’effectuer une importation privée de deux façons. La première est de contacter une agence qui offre le produit. Avec une agence d’importation, vous devez tout d’abord déterminer le nombre de bouteilles à importer. Généralement, on parle d’une caisse de six ou de douze bouteilles. Par la suite, vous n’avez qu’à remplir un formulaire (que l’agence vous fournira) et sur lequel vous pourrez choisir à quelle succursale de la SAQ vous aimeriez récupérer le tout. Certaines agences vous demandera un ‘’paiement avant commande’’ alors que certaines agences vous demanderont de payer à la SAQ directement. Attention, les agences d’importations ne sont pas très bien représentées et il est parfois difficile de trouver qui représente un certain produit. Vos talents de chercheur seront ici mis à l’épreuve ! Si aucune agence offre le produit que vous recherchez, vous devez passer à la deuxième option et faire affaire directement avec la SAQ. Pour si faire, vous devez avoir quelques informations sur le produit que vous désirez (information complète sur la société et entreprise, le nom complet du produit accompagné d’une description ainsi que son prix accompagné de sa devise). Par la suite, la SAQ vous fournira les formulaires afin de procéder à votre importation. Dans ce processus, il faut avoir quelques notes en tête comme les délais qui sont parfois de 3 à 4 mois ainsi que le plus importants, les coûts. Dans l’article de la semaine passée, je vous mentionnais que la SAQ applique souvent la fameuse règle de trois et bien, ceci est aussi applicable lors des importations. Par exemple, j’ai tenté d’importer l’Old New Orlean Rum (10 ans d’âge). La distillerie me chargeait 60$ USD la bouteille donc la SAQ me donnait une facture de 190$ la bouteille. import-img

Le domaine de l’importation vous semble simple donc, vous vous demandez pourquoi nous n’avons pas une plus grande variété de rhums sur les tablettes de la SAQ ? La réponse à cette question contient plusieurs volets. Tout d’abord, afin de réduire ses pertes ainsi que de s’assurer que les tablettes soit toujours bien garnies de produits les plus vendeurs, la SAQ fonctionne avec une méthode d’approvisionnement. Ceci dit, quand un nouveau produit arrive, un autre doit malheureusement quitter ! Ces demandes d’approvisionnements sont le résultat de recherches de la part d’analystes-experts de la SAQ. Prenons par exemple le rhum Varadero qui était disponible il n’y a pas très longtemps. Les chiffres de ventes de ce dernier n’ont malheureusement pas été assez prometteurs pour la SAQ. Ceci dit, un appel d’offre a été lancé afin de recevoir un nouveau rhum blanc et peu de temps après, nous avons vu le rhum blanc Havana Club 3 ans apparaître sur nos tablettes. De plus, si la SAQ introduit un nouveau produit sur ces tablettes, ce dernier doit être soumis à une belle batterie de tests afin de respecter des limites.

Ce coté technique est bien sur l’une des plus grandes problématiques dans la commercialisation de produits importés puisque plusieurs échoue au niveau du carbamate d’éthyle. Les produits plus commerciaux et/ou industriels comme les Hanava Club, Captain Morgan ainsi que Bacardi sont énormément plus aptes à respecter ses limites dû à la conception de leurs produits. Cependant, c’est une autre histoire pour les rhums fabriqués de manière agricoles. J’ai eu l’occasion de discuter avec M.Pascal Desjardins de l’agence Bella Vita Grand Crus et il m’expliquait justement que cette problématique a grandement affectée la distribution du rhum Barbancourt. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous ne pouvons pas trouver le 15 ans sur nos tablettes. De plus, M. Hervé Damoiseau, grand manitou derrière la magnifique distillerie et rhums agricoles Damoiseau, m’a fait remarquer que dans la plus part des autres spiritueux, dont le cognac, nous retrouvons un niveau de carbamate d’éthyle à 500 ppm et que ceci est autorisé par l’agence de santé ainsi que les différentes commissions des liqueurs. Il en est à se demander s’il ne s’agirait pas de ‘’lobbying’’ envers ces industriels qui ne chargent pas chère la bouteille !

display Pour conclure, vous pouvez constater une fois de plus que l’industrie des alcools au Québec n’est pas aussi facile qu’elle peut parfois le paraître. Voici donc l’importance d’un certains partages sur les connaissances et dégustations de rhums que nous effectuons. Puisque, c’est avec vos commentaires ainsi qu’avec vos connaissances que certaines personnes auront envie de faire tout ce qui est en leur pouvoir afin d’effectuer des importations privés. Avec l’engouement ainsi que la loi de l’offre et de la demande envers certains produits, la SAQ n’aura donc le choix de nous les offrir de façon permanente.

Cheers !

Par Yan Aubé, collaborateur de Gatineau, Québec

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