Mon Rhumfest Paris 1ère partie

par Pierre-Olivier Coté

En avril dernier, j’ai vécu une merveilleuse aventure de rhum que j’aimerais vous partager! Avec mes ’’potes’’ Maxime et Baptiste, nous avons eu le bonheur de passer 3 jours de rhum au Rhumfest de Paris où nous y présentions une Masterclass sur les rhums canadiens. Le thème du Rhumfest cette année était «Un Monde de Rhum», donc c’était avec une grande fierté que nous y présentions quelques rhums venant de chez nous!!!

 

L’aventure a commencé le vendredi où Max et moi (Baptiste picolait seul dans Paris! Haha)  nous sommes retrouvé un peu par surprise à la Rhumerie où il y avait une petite soirée pré-Rhumfest avec entre-autre le jury du Rhumfest ainsi que certaines personnalités de l’industrie. Cette soirée lançait en quelque sorte les festivités du Rhumfest ainsi que la sortie de la nouvelle édition de Rumporter, mais soulignait aussi l’anniversaire de Cyrille Hugon, le co-fondateur de ces 2 entités. Nous en avons profité pour donner une casquette Québec Rhum à Cyrille pour son anniversaire, cadeau qu’il a fièrement porté tout au long du week-end! En retour, nous avons pu mettre la main sur la version papier de ce super magazine qu’est Rumporter; moi qui préfère lire sur papier, enfin!!! Belle petite soirée qui nous a permis de sympathiser un peu avec divers gens du milieu avant le gros week-end. Nous y avons entre-autre rencontré une première fois Hervé Damoiseau avec qui nous avons beaucoup ri! Un premier contact aussi avec Monsieur Alexandre Gabriel qui allait nous recevoir quelques jours plus tard chez lui à Cognac, un homme qui est tout simplement passionné par son métier. Déjà de très belles discussions entre passionnés de rhum, le courant passait très bien, nous savions dès ce moment que nous allions passer de bons moment en sa présence mais ça c’est pour un autre article à venir 😉! Bien sûr, Jerry Gitany y était ainsi que notre consœur québécoise et amie Annie DesGroseilliers (Evolo Stratégie Conseil) qui était membre du jury. C’est un peu-beaucoup-énormément grâce à elle que nous nous sommes retrouvé à cette soirée! (Merci 😉) J’y ai croisé aussi d’autres blogueurs tel que Matt Pietrek de CocktailWonk, Laurent Cuvier des Rhums de l’homme à la poussette et Baptiste Bochet de Colada Cocktail et Rumporter. Côté rhum, alors là c’est le choc pour 2 québécois en voyant la carte des rhums! Le menu a 3 pages juste de rhums et en plus pratiquement tous des rhums non-disponibles au Québec. J’ai opté pour un J.Bally 7 ans tandis que Max y est allé avec un Trois-Rivières Multi-Millésimes (l’ancienne édition).

Et voilà, à peine arrivé que l’on commence une semaine folle de dégustation. On a ensuite fait la bise (et oui nous ne sommes pas habitués à ça au Québec haha) et nous sommes partis nous coucher car le Rhumfest commençait à midi le lendemain et nous ne voulions surtout rien manquer!!!

 

 

 

Jour 1 samedi le 7 avril 2018

        

*Attention les commentaires qui suivent se veulent être une opinion très sommaire des rhums dégustés et n’est en rien une évaluation complète. Ayant goûté de nombreux rhums à différents degrés et différents moments de la journée, notre opinion était parfois influencée par les rhums précédant et notre nez ainsi que notre palais pouvaient devenir fatigué à certains moments. Tout de même, cela donne un petit aperçu ainsi que notre première impression pour ces rhums.

         Nous arrivons au Parc Floral, il y a de l’excitation dans l’air et des vapeurs d’alcool! À peine passé l’entrée où on nous a remis nos badges pour ces 3 jours, Baptiste nous lance «je veux du rhum dans ma gueule maintenant!!!» hahaha. Il n’aura pas besoin de le dire 2 fois! Nous avions pensé commencer par les rhums blancs à 40%alc/vol et ensuite monter en force pour éventuellement aller vers les vieux…mais bon, rendu sur place nous avons plutôt opté pour le plan «Fuck it je veux goûter tout ce que je vois!». Donc, dès l’arrivée je vois du coin de l’œil le Bar des Nouveautés, alors pourquoi pas commencer en force avec le nouveau Neisson Bio blanc à 52,5%! Quand je dis que nous avons commencé en force…ouf celui-ci est l’un de nos coups de cœur pour nous 3! Au nez, même avec ses 52,5%, il s’y dégage une belle douceur végétale, le nez est incroyablement plaisant. En bouche, la canne est bien présente avec de légères notes iodées, l’alcool y est parfaitement intégré. Premier rhum, premier coup de cœur, ça commence bien la journée!

En commençant aussi fort je savais que le prochain allait avoir de la difficulté à le surpasser. Le second rhum dégusté est aussi une nouveauté, le rhum agricole blanc T récolte 2017 de la distillerie Taha’a à 55%. Celui-ci était assez bien avec des notes douces de canne et de foin avec une pointe légèrement sucrée au nez, et en bouche avec des notes plus iodées de canne à sucre. Pas mauvais du tout mais ne surpasse pas le Neisson. Les 2 suivants ne nous ont pas impressionné. Nous avons essayé un Bielle blanc à 40% qui me semblait trop dilué…mais bon après 2 rhum à plus de 50% ce n’est pas surprenant! Il faut dire que nous nous sommes arrêté aux kiosques où il y avait moins de temps d’attente, voilà donc pourquoi l’ordre est si décousue. Il y avait aussi au même kiosque un Red Bonny Dark Rum, un genre de spiced rhum que je ne critiquerai pas car ce n’est vraiment pas dans mes goûts hors d’un cocktail.

Petit arrêt au stand Ferroni car Baptiste, qui aime bien aussi les scotchs, a été piqué de curiosité par une nouveauté : Le Boucanier à 50%. Il s’agit ici d’un rhum qui a subi une finition en fût de Islay d’un an. La base de ce rhum est la même que le Ferroni Ambré mais auquel  on a ajouté un soupçon de rhum agricole blanc ainsi que du Grand-Arôme de La Réunion. On dit ici que c’est un «rhum fumé» et dès les premières effluves on ne peut se tromper! Au nez, nous avons des traces de charbon ainsi que des notes salines et de tourbe. Le scotch Islay est TRÈS présent, ce n’est qu’après un certain temps que nous y retrouvons des notes légèrement plus sucrées. En bouche c’est un peu la même chose, on y retrouve des notes plus carbonisées en début de bouche avec du foin brûlé, ensuite le scotch est encore très présent. Tout comme au nez, ce n’est qu’après un certain temps que l’on retrouve notre rhum. Vraiment pas mauvais, mais tout de même un rhum qui est FORTEMENT influencé par le fût de Islay. Donc les amateurs de scotch vont aimer mais pour les amateurs de rhum ça peut être un léger choc haha!

Nous avons continué cette séance de dégustation décousu au stand Damoiseau où nous avons essayé un assemblage de rhums agricoles et de mélasse, le Stratera qui est un rhum à 40%. Au nez, il est assez doux, on y distingue assez bien les notes agricoles et celles de mélasse avec une touche de cannelle. En bouche, nous avons la canne à sucre accompagnée de cerises avec une bonne finale. Un rhum que j’ai trouvé correct dans son ensemble, mais qui m’aurait probablement fait meilleure impression si je ne l’avais pas goûté après le Boucanier. Mais bon, on apprend de nos erreurs (ou pas! Hahaha). C’est tout de même notre premier Rhumfest et nous sommes un peu comme des poules pas de tête au milieu de tous ces rhums que nous n’avons pas au Québec!!!!

 

Donc, en route vers le kiosque Depaz pour aller saluer Benoit Bail, nous passons devant le «petit stand HSE». Difficile de le manquer et par le fait même, impossible pour nous de ne pas s’y arrêter!!! Donc, ayant encore en mémoire (et en bouche) le Boucanier, je décide de goûter le HSE Millésime 2005 finition Islay titrant à 44% que je n’avais jamais essayé. Au nez, nous avons des notes typiquement agricoles avec de belles notes végétales de canne accompagnées de légères notes sucrières, le tout est soutenu en arrière-plan par la présence de la finition mais sans être trop présent. En bouche, c’est le contraire, la finition est beaucoup plus présente. Nous retrouvons des notes de scotch avec une présence de tourbe fumée, la finale se partage très bien entre le côté du rhum agricole et les notes de Islay. Baptiste et moi sommes charmés, cette finition est vraiment très intéressante et très bien balancée. Une autre belle réussite de HSE.

En continuant notre chemin vers le stand Depaz, je croise une belle bouteille noire qui me fait de l’œil…pas le choix, nous devons arrêter goûter ce Foursquare Principia embouteillé par Velier. Il s’agit ici d’un brut de fût titrant à 62% qui a subi un double vieillissement : 3 ans en ex-fût de bourbon et 6 ans en ex-fût de sherry. Au nez le bouquet est très dense! Nous avons de belles notes de cerises et de cassonade accompagnées d’anis et légèrement fumées, hummmm. En bouche, c’est typiquement la Barbade avec aussi des notes de noix grillées et de caramel, la finale est extrêmement longue et renversante! J’ai continué de sentir mon verre vide pendant de longues minutes, on y retrouvait alors des notes de sucre brun, de raisin et de pruneau. Wow, je suis sous le charme!!!

Nous arrivons bientôt au kiosque Depaz mais voilà que nous apercevons Cat Arnold, alors impensable pour nous de ne pas arrêter la saluer et du même coup la féliciter pour la médaille d’or que le Toucan Blanc a remporté!!! Profitons-en alors pour goûter le Toucan #4, il s’agit ici d’un rhum blanc agricole titrant à 40% qui est infusé avec des éclats d’essence de bois et qui a séjourné en fûts de Bas-Armagnac. Un rhum unique et très original. Donc au nez, nous y retrouvons le côté végétal de la canne mais plus sucré que les rhums agricoles habituels. On y retrouve aussi un léger caramel, très plaisant comme nez. En bouche on reste sur le côté végétal mais accompagné de douces notes vanillées. Nous avons ici un produit bien réussi et fort sympathique que je vais devoir regoûter s’il devient disponible au Québec. 😉

Alors après avoir traversé le Rhumfest d’un bout à l’autre, nous voilà finalement rendu au kiosque Depaz où nous apercevons Benoit, mais c’est qu’il y a du monde! Ouf, ce stand est très populaire. Malheureusement, après quelques minutes d’attente nous devons quitter car nous sommes attendu par Baptiste Bochet (Rumporter et Colada cocktail) pour une entrevue vidéo avec Rumporter. Pour les besoins de l’entrevue, afin d’être tous à notre meilleur, Baptiste fait venir 3 superbes quilles des Rhums vieux de Marie-Galante de chez Bieille. Après de longues minutes à déconner, nous passons aux choses sérieuses…non pas l’entrevue, la dégustation hahaha! Je dois dire que j’ai été incroyablement charmé par leTrès vieux rhum Brut de fût 2003 titrant à 52,8%. Ouf!!! C’est du lourd! Le nez est très riche et chaleureux, les 52% y sont magnifiquement intégrés. En bouche nous avons le côté végétal de la canne accompagné d’un côté plus gourmand avec des épices telles la muscade et la cannelle, vraiment un excellent rhum!

Après cette entrevue où nous avons eu beaucoup de plaisir à déconner…heu…je veux dire être très sérieux, nous retournons vers les stands avec encore comme but d’aller dire bonjour à Benoit. Tout comme précédemment, nous avons dû arrêter en chemin pour goûter quelques rhums. Donc petit arrêt chez Bristol où un petit Caroni VSOC 10 ans à 40% a piqué ma curiosité. Il s’agit ici d’un rhum importé de la fameuse distillerie Caroni par Bristol qui a été vieilli 10 ans en Angleterre mais qui avait déjà été vieilli 12 ans chez Caroni au départ. Au nez, nous avons du cuir accompagné de cumin et de banane. La bouche est surprenamment fruitée avec la goyave et les fruits de la passion, les notes habituelles d’hydrocarbure ne sont que très subtiles en arrière-plan. Nous avons ici un rhum assez intéressant que j’ai bien aimé mais qui est vraiment très loin des Caroni habituels. Nous ne sommes vraiment pas en présence d’un ’’heavy’’ Caroni. J’ai bien aimé même si il est très atypique pour un Caroni, par contre j’ai été déçu par la finale qui est beaucoup trop courte, il aurait probablement gagné à être embouteillé a un plus fort degré.

Alors nous nous mettons en route pour une autre fois (aucune idée combien de fois!!! haha) vers le kiosque Depaz, Baptiste va nous chercher entre-temps un verre du nouveau New Groove Cuvée de la Confrérie. Lorsque je le retrouve avec Max, il ne reste qu’une gorgée! Je ne sais pas pourquoi mais les verres semblent avoir une forte part des anges dans les mains de Baptiste!!! Difficile de me faire une idée sur cette cuvée en une gorgée mais elle me semblait assez bien. Sur notre chemin nous sommes arrêté remplir nos verres chez Foursquare, ayant déjà un 2004 à la maison j’ai décidé d’opter pour le Foursquare exceptionnal cask Zinfandel cask blend. Ce rhum est embouteillé à 43% et au nez nous avons des notes d’amandes et de noisettes avec de la vanille et du caramel. En bouche ce sont les fruits rouges qui se présentent avec le nougat ainsi que le tabac avec un peu de cannelle et tout cela avec une très belle et longue finale. Je suis assez surpris de ce rhum, je m’attendais à moins et j’ai vraiment aimé, pas autant que le 2004 mais tout de même très respectable!

Suite à cela, nous voilà enfin rendu au stand Depaz! Haha mais où est Benoit??? Il est parti je ne sais où! Haha Bon alors tant qu’à être rendu, aussi bien essayer le nouveau dont tout le monde parle, le Depaz Brut de fût 2000 qui titre à 58,5%. Au nez on y retrouve une belle puissance boisée accompagnée de fruits confits, d’amandes et de zeste d’orange. En bouche, on y retrouve des épices avec un bon côté végétal qui laisse tranquillement sa place aux fruits avec entre-autre la cerise, le tout est accompagné d’une longue finale. Vraiment bien celui-ci, je dois me trouver une bouteille!!!

Depuis le début du Rhumfest je me disais que je voulais goûter les Finitions du monde HSE mais j’ai peut-être trop attendu. Je dois dire qu’à ce stade-ci mon nez et mes papilles sont quelque peu fatigués et surtout après quelques bruts de fût. Donc sans aller dans les détails, je vais quand même faire un petit compte-rendu comparatif de ces différentes finitions que j’ai tout de même très apprécié! (mais je dois dire qu’à la base j’aime tout de chez HSE haha.) Nous avons donc commencé par le HSE Fino & Olorosso finsih à 45% que j’ai trouvé bien mais j’ai trouvé la finition un peu trop timide et la finale trop courte. Je lui ai préféré le HSE Pedro Ximenez finish à 46%. Pour ce qui est du HSE Porto finish à 42% il était bien mais j’ai mieux aimé le suivant qui était le HSE Château La Tour Blanche à 41% qui avait un nez typiquement agricole avec un beau côté gourmand mais plus sec en bouche. Pour les 2 prochains, je n’arrive pas à dire lequel je préfère car je les ai trouvé vraiment intéressants et originaux tous les 2. Le premier, le HSE Single Malt Islay finish à 44% que nous avions goûté plutôt avait au nez une très belle balance qui préservait bien son identité agricole tout en amenant une belle touche venant du fût de Islay. En bouche, c’était l’opposé avec la finition beaucoup plus présente qu’au nez alors que la finale revenait sur l’aspect plus balancé que l’on retrouvait avec le nez. Un rhum très différent mais vraiment bien. Pour le second, le HSE Single Malt Highland finish à 44%, nous avons un rhum agricole plus typique que le Islay finish avec un influence du fût moins prononcée mais tout aussi bien. Le nez se partage entre la canne, la poire et la pomme suivi de la finition de manière très timide. En bouche nous retrouvons ce beau et plaisant côté fruité avec une légère touche fumée. Vraiment très bien aussi celui-là! Les 2 sont assez différents mais tout aussi bon.

Après une petite pause, nous avons décidé de goûter la gamme presque complète de Saint-James avec Stephen Martin avec qui nous avons eu beaucoup de plaisir pour finir cette première journée. Nous avons goûté le 1725 que j’ai trouvé correct sans plus, ensuite le XO et le 7 ans que j’ai trouvé bien mais c’est la suite qui m’a vraiment plu. Il faut dire qu’avant le Rhumfest, le plus vieux Saint-James que j’avais goûté était le Fleur de canne vieux. Donc pas besoin de vous expliquer à quel point j’ai été surpris par le 12 ans et encore plus par le 15 ans avec son magnifique nez et sa bouche très puissante sur un beau boisé avec des notes de pruneau et de fruits confits, hummm! Vient ensuite le Single Cask 1997 qui est tout aussi excellent avec des notes de cacao, de pruneau, de tabac ainsi qu’un beau bouquet d’épices. Difficile de dire lequel je préfère entre le 15 ans et le 1997; ils sont vraiment bien tous les 2 mais je dois avouer que la finale du 1997 est vraiment excellente! Après un débat entre nous, le Single Cask 1997 semble être un de nos coups de cœurs à tous les 3!

C’est ce qui a clos cette première journée de Rhumfest, ou presque. En route vers la sortie, j’aperçois Cyril Lawson chez HSE avec une très grosse bouteille à la main.  C’est le nouveau HSE parcellaire #1 qui titre à 55%. Vite je veux y goûter avant la fermeture! Donc il s’agit d’un excellent rhum blanc avec un nez légèrement fruité et végétal et avec en bouche une belle vivacité florale et poivrée, les 55% y sont magnifiquement bien intégrés. Quelle belle fin de journée! Maintenant, direction La Table du loup où Jerry Gitany, Annie et plusieurs autres amis et personnalités du monde du rhum y sont pour le soupé 😉

————-> cliquez ici pour la partie 2

Petite vidéo recap de cette première journée! —–>« >http://

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