Évaluations – Flor de Cana 12, 18 et 25

par Maxime Fortier

Aujourd’hui, je me plonge vers la seule distillerie au Nicaragua aussi appelé le « pays au milles volcans », producteur de la marque connu mondialement Flor de Caña. Francisco Alfredo Pellas fit construire en 1890 une distillerie à la sucrerie San Antonio de Chichigalpa, dans le nord-ouest du pays. La 5e génération de la famille Pellas est aujourd’hui à la tête de la distillerie qui en plus d’être connu mondialement est souvent la première marque qui nous vient en tête en parlant de rhum (ou plutôt ron) en Amérique Centrale. La marque elle-même est née en 1937 et l’utilisation de la mention « Slow Aged » est utilisé depuis 1950 ce qui en surprendra peut-être certains d’entre vous car cette mention est critiquée puisque récemment la mention « años » a été retirée ce qui pose un doute sur l’âge réel de vieillissement. En 1963, la distillerie va se moderniser en s’équipant de colonnes à distiller en inox afin d’augmenter sa production. Cependant, avec la guerre civile et la révolution de 1979 qui a fait rage et qui avait entraînée une instabilité économique pendant presque 10 ans. Les stocks se sont élevés mais la distillerie à continuer à vieillir leurs rhums pendant ces quelques années sombres. Ce qui lui apporte actuellement le titre de la distillerie qui possède le plus important stock de vieux rhums du monde.

Flor de Caña fût le premier producteur de rhum au monde à adopter la norme ISO 9000. Par la suite en 1999, La Rum Marketing International Ltd. (ou Rummi) fût fondée à Miami afin de promouvoir l’expansion de la distillerie du Nicaragua. Flor de Caña  renouvelé son logo et son design et ses bouteilles en 2013 afin de réagir à la demande croissante sur le créneau des rhums de première catégorie. Son logo représente un chemin bordé de palmiers, qui rejoint à l’horizon une chaîne de volcans. Il rappelle ainsi la voie ferrée qui transportait la production de l’ancienne sucrerie au pied du volcan de San Cristobal.

Le rhum Flor de Caña est fabriqué à partir de mélasse de la canne à sucre récoltée dans des champs adjacents à la distillerie. Cette mélasse est fermentée puis distillée 5 fois dans une colonne continue et vieillit selon la méthode « Slow Aged » dans des petits fûts ayant contenu du bourbon américain. Cette méthode de vieillissement est unique à Flor de Caña et a été inventée par Carlos Francisco Pellas. Elle exclut toute accélération, et sans la moindre intervention extérieure. C’est donc dans des caves non climatisées, sans ventilateurs et sans le moindre artifice que la magie s’opère. Rappelons que tout est fait maison, de la récolte à la distillation, de l’entreposage et du vieillissement jusqu’à la mise en bouteille.

Passons maintenant à la dégustation et au comparatif des 3 rhums Centenario de la gamme Flor de Caña.

Flor de Cana 12 (40%) se vend 38,75$ en SAQ

Couleur; Ambré plutôt claire, un peu plus claire en effet que le 18

Le nez est très léger, honnêtement je me rappelle avoir goûté le 7 et ça se rapproche de celui-là pour mon déplaisir. J’ai tout de même des notes de cassonade, de bois (légère), de noisettes et de vanille.

En bouche, c’est gourmand pour un « ron » et léger. Principalement sur la vanille, le chêne, la cassonade non, plutôt le caramel un peu crémeux et lisse mais équilibré.

La finale est longue et sèche sur la vanille et les amandes..

Flor de Cana 18 (40%) se vend 75,25$ en SAQ

Couleur; Ambré légèrement foncé

Le nez est doux et une belle légèreté semble présente comme son jeune frère mais avec un peu plus de puissance et de caractère. On sens la présence de la vanille, le caramel et un peu de cacao.

En bouche, c’est bien équilibré encore ici, sur le caramel crémeux et les amandes.  Un peu plat pour un « 18 ans d’âge » mais j’admire le travail derrière ce « ron » et il me plaît même si j’aime habituellement des rhums avec plus de caractère et de personnalité que celui-ci.

La finale est plus longue que celle de son jeune frère et elle est boisée. D’après-moi c’est le meilleur qualité/prix de la gamme actuelle. La 12 n’en vaut pas la peine il se rapproche trop du 7 mais celui-ci est pour moi le milieu de gamme mais encore ici à 75$ je le trouve un peu cher pour ce qu’il offre, c’est mon avis du moment.

Flor de Cana 25 (40%) se vend 225,00$ en SAQ

Couleur; Rougeâtre

Nez assez intéressant, sur la vanille, le bois et le cacao. Très fin et encore sur la légèreté et la douceur, cependant c’est gourmand et pâtissier c’est loin d’un Diplomatico par contre il faut s’entendre. L’effet sucré est probablement apporté par la durée passé dans les fûts.

En bouche, c’est un peu sur le caramel brûlé, les amandes grillés et une sensation de torréfaction. J’y retrouve des petites notes poivrées en fin de bouche.

La finale est longue sur le bois principalement et vraiment onctueuse. Son prix est très élevé j’en convient mais je suis d’avis que c’est le meilleur de la gamme et de loin. On s’éloigne un peu de la légèreté et on a davantage de caractère. Le prix est prohibitif, c’est ridicule de vendre ce rhum à ce prix (225$)..

Par Maxime Fortier, Québec Rhum

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