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Évaluation – Ferroni Boucan d’enfer

par Maxime Fortier

Guillaume Ferroni est un passionné  d’histoire et du monde des bars. Il s’est employé à sillonner le monde à la recherche de spiritueux d’exception : des rhums, mais aussi des alcools à base de rhum disparus qu’il “ressuscite”. Il a aussi voulu redonner à Marseille son statut d’autrefois de “ville du rhum”. En effet, au XIXème siècle, avant la naissance du Pastis, la cité phocéenne importait ce spiritueux pour le faire vieillir dans des chais locaux. Cette tradition a désormais – au moins symboliquement – repris, puisque c’est au Château des Creissauds à moins de 20 km de Marseille que les rhums vieux de la gamme Ferroni maturent lentement.

Ce rhum ambré est très particulier et totalement un ovni dans l’univers du rhum si on peut ça ainsi. Il a d’abord été nommé  »Le Boucannier » au départ et renommé ensuite  »Le Boucan d’enfer ». Pour l’explication du nom. Au 17ème siècle, lorsqu’ils n’étaient pas en mer, les pirates semi-sédentaires (appelés les boucaniers) chassaient et faisaient fumer (boucaner) leurs aliments (viandes et poissons) afin de les conserver. Le boucan était le lieu (la cabane), dans lequel ils procédaient à cette opération.

La base de ce rhum est l’excellent Ambré de la même maison auquel on a ajouté un peu de rhum agricole ainsi que du Grand Arôme de la Martinique. Le blend est donc composé de 5 rhums en provenance de Trinidad (mélasse), Guyana (mélasse), Ile Maurice (agricole), Martinique (agricole) et Martinique (mélasse/grand arôme). Ils sont importés par la Maison Ferroni et assemblés au Château des Creissauds. À partir de ce point, la vieillissement à été de 12 mois en ex-fûts de Cognac, suivi de 6 mois en ex-fûts de Rasteau et finalement ce qui le distingue de l’Ambré est une finition d’un an supplémentaire en fûts de Whisky tourbé de l’île d’Islay.  Il est embouteillé avec une légère réduction donc au pourcentage de 50% d’alcool par volume.

Il est de couleur ambré léger.

Au nez, j’ai des arômes de fumé, assurément de la sécheresse et de la tourbe aussi. Il porte bien son nom, c’est sans aucun doute! L’apport de la finition en fût d’Islay est impressionnant même qu’on se demande littéralement si nous sommes bien en face d’un rhum, tellement on ne peut pas passer à côté hihi! Pas la suite, j’ai un côté plus pâtissier sur la vanille (on revient vers le profil d’un rhum) mais le côté tourbé, forestier reste bien présent.

Savoureux!! Il est lisse et sec tout de même d’entrée de jeu! On sent bien la puissance et le côté boisé très sec et fumé, voire un peu terreux et goûteux du scotch Islay, c’est drôle à dire mais ensuite il devient pâtissier et avec une légère sucrosité en bouche. Un profil même par moment gourmand et fumé à la fois. On y décèle aussi la présence du Grand Arôme dans ce beau mélange.

La finale est goûteuse et longue et reste savoureuse et pâtissière sur la vanille. Une très jolie expérimentation de chez Ferroni ! Bien content de le regoûter aujourd’hui car à l’époque je n’avais pas vraiment aimé, je crois que le nez m’avait clairement fait horreur! Aujourd’hui quoi 3 ans plus tard, je l’apprécie davantage même si c’est un rhum assez particulier qui ne plaira vraiment pas à tous et je peux le comprendre. Il a été disponible à l’époque au prix de 63,75$ en SAQ mais tout a été vendu en l’espace de quelques mois.

Santé les boucaniers !!

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