
Évaluation – Baie des Trésors Brut d’Amphore
En 2018, Baie des Trésors voit le jour afin de relancer le rhum du Galion sur la côte Atlantique de la Martinique, tout près de la Presqu’île de la Caravelle. Créée originalement en 1849 par Eugène Eustache, l’usine du Galion s’est largement développée avec Emile Bougenot et devient l’une des premières sucreries de Martinique en 1863 et produira par la suite le rhum « Grand Arôme » du Galion. Baie des Trésors est une nouvelle marque qui cultive et possède l’expertise au niveau de la culture de la canne depuis plus de 170 ans alors qu’ils vendaient leurs cannes à différentes distilleries productrice de l’île. Le nom de la marque réfère à la Baie du Trésor située sur la Presqu’île de la Caravelle qui est dominée par les ruines du Château Dubuc et qui à l’époque appelée ainsi en lien avec des histoires de pirates qui auraient pillés des bateaux qui s’approchent trop de la côte.
Le type de canne utilisé pour leurs productions sont principalement Réunionnaises et en moindre importante Barbadiennes. Les étapes de fermentation et de distillation (en colonne) sont effectuées à la distillerie St-James sous supervision de Stéphane Gouyer, le directeur de l’exploitation du Galion qui est aussi le maître de chai. Celui-ci apporte leurs propres levures et leur propre cahier des charges et le rhum ainsi produit entre dans les critères de l’AOC Martinique. Ils élaborent des rhums à partir de cannes ayant poussé sur une même parcelle, sèche ou humide, plus ou moins exposée aux vents, au soleil ou à l’ombre.
Le Brut d’Amphore est le tout 1er rhum agricole bio AOC Martinique élevé en Amphore. C’est un procédé rarement utilisé qui permet une oxygénation naturelle du spiritueux grâce à la porosité de l’amphore. Il repose ensuite pendant 3 à 15 mois, la durée est vague puisqu’ils ne veulent pas dévoiler leurs secrets de fabrication. Il est embouteillé à 71,2% d’alcool par volume dans une élégante bouteille noire en porcelaine, conçue par le fabricant Revol. Il n’est limité qu’à 1 000 bouteilles dans le monde.
Il est de couleur translucide.
Au nez, je ne savais pas trop à quoi m’attendre au départ je dois l’avouer. Le nez est invitant, j’ai les odeurs de canne accompagné d’un côté végétal/herbal, une présence saline intéressante s’en dégage aussi. Il me fait penser un peu à leur blanc Plein Soleil que j’adore! Ceci dit, je ne le trouve pas si distinctif, je ne suis pas certain de bien comprendre tout l’enjeu de l’Amphore.. mais bon, il est intéressant avec une touche minérale, plus adouci je dirai au niveau des arômes. Il est moins vif et aromatique que le Plein Soleil à mon sens jusqu’ici.
En bouche, il est doux et suave sur la texture, une jolie texture. Il est beurré, j’ai une jolie salinité, il est un peu intense mais vraiment pas si puissant curieusement. J’y pense.. Le 71,2% est intégré de bonne façon car je n’ai aucune sensation d’un tel degré, lors de la dégustation. Je n’avais pas réfléchi à son degré avant ceci et j’en étais étonné. Il se déguste très bien.
La finale est longue, suave et saline. Un rhum étonnamment doux et bien intégré comme je disais. C’est une belle expérimentation, je suis content d’avoir pu le goûter pour m’en faire ma propre idée, il semble qu’il se vendait assez cher (environ 310$ canadiens) donc c’est une chance que j’ai eu d’avoir un échantillon de ce rhum si spécial. Ce n’est pas un rhum que j’achèterai, personnellement je préfère le Plein Soleil, je ne sais pas vraiment dans quel contexte je le dégusterai pour être honnête. Ceci dit, beau boulot 🙂
Bonne découverte !
