
Évaluation – Longueteau 62
La Guadeloupe ne s’est pas toujours appelée ainsi. Les indiens Caraïbe, ses premiers habitants, l’avaient nommé Karukera, qui signifiait « l’île aux belles eaux ». Christophe Colomb l’a renommée en Santa Maria de Guadaloupe lorsqu’il l’a découverte lors de son deuxième voyage. En 1939, on comptait 55 distilleries sur l’île. En 1954, il en restait 37 et seulement 9 au début des années 1970. L’évolution de l’industrie du sucre explique le phénomène, un peu comme en Martinique, l’île voisine.
La distillerie Espérance qui est derrière les rhums Longueteau se situe sur Basse-Terre, au pied de la Soufrière. Elle est en activité depuis 1895 et est une entreprise familiale et indépendante détenue par la famille Longueteau. Le Domaine Marquisat de Sainte Marie compte 12 parcelles, 9 sont plantées de canne rouge, et 3 de canne bleue sur leurs 70 hectares. Toutes les étapes de la culture de la canne, la récolte, le broyage de la canne, la fermentation, la distillation et le vieillissement sont donc faites sur place dans la maîtrise complète de chacun des processus. Ils sont également propriétaires des machines agricoles, ce qui leur permet de faire la récolte des parcelles au moment désiré.
La Cuvée 62 de Longueteau est un rhum agricole issu de 2 variétés de cannes cultivées sur le domaine, la canne bleue (B69.566) et la canne rouge (R579). La fermentation est d’une durée de 48 heures et la distillation se fait à l’aide d’une colonne Savalle en cuivre et en inox de 28 plateaux. Il est ensuite mis en repos 6 mois avant d’être embouteillé à 62% d’alcool par volume, comme son nom l’indique.
Il est de couleur translucide,
Au nez, j’ai des odeurs de canne à sucre. Un nez plus minéral/iodé moins porté sur la sucrosité et la gourmandise à premier abord. La puissance est là mais peu choquante. Le côté herbal, citron vert apparaît plus tard au fil de la dégustation avec des notes plus sucrées.
En bouche, il est végétal, assez puissant je dois avouer. Il possède une belle texture grasse et suave. La canne y est généreuse, végétale, très saline et savoureuse! Le nez ne me laissait pas entrevoir cette force et cette richesse.
La finale est longue, sèche, riche et puissante sur la canne fraîche et saline. Il est à déguster tranquillement, cependant il est assez sympa, aucun reproche mais il est moins facile d’approche par exemple que le Parcellaire No 1, le RSMA Cuvée des Bâtisseurs ou même la Cuvée Excellence Rhum. Il se vendait à l’époque autour de 34 Euros donc environ 53$ en dollars de chez nous, ce qui est un très bon prix pour cette qualité de rhum agricole. Longueteau le suggère en Ti-Punch, sur glace ou dans un verre givré. Je vais assurément l’essayer en Ti-Punch prochainement.
Bonne découverte!
