Évaluation – Longueteau RSMA Cuvée des Bâtisseurs

Évaluation – Longueteau RSMA Cuvée des Bâtisseurs

8 avril 2025 0 Par Maxime Fortier

La Guadeloupe ne s’est pas toujours appelée ainsi. Les indiens Caraïbe, ses premiers habitants, l’avaient nommé Karukera, qui signifiait « l’île aux belles eaux ». Christophe Colomb l’a renommée en Santa Maria de Guadaloupe lorsqu’il l’a découverte lors de son deuxième voyage. En 1939, on comptait 55 distilleries sur l’île. En 1954, il en restait 37 et seulement 9 au début des années 1970. L’évolution de l’industrie du sucre explique le phénomène, un peu comme en Martinique, l’île voisine.

La distillerie Espérance qui est derrière les rhums Longueteau se situe sur Basse-Terre, au pied de la Soufrière. Elle est en activité depuis 1895 et est une entreprise familiale et indépendante détenue par la famille Longueteau. Le Domaine Marquisat de Sainte Marie compte 12 parcelles, 9 sont plantées de canne rouge, et 3 de canne bleue sur leurs 70 hectares. Toutes les étapes de la culture de la canne, la récolte, le broyage de la canne, la fermentation, la distillation et le vieillissement sont donc faites sur place dans la maîtrise complète de chacun des processus. Ils sont également propriétaires des machines agricoles, ce qui leur permet de faire la récolte des parcelles au moment désiré.

La Cuvée des Bâtisseurs fait référence au RSMA de la Guadeloupe (le Régiment du Service Militaire Adapté) qui mène des actions pour aider les jeunes qui passent dans ses rangs à se former et s’insérer dans les métiers tels que, les travaux publics, la sécurité, l’agriculture ou encore la restauration. Il s’agit ici d’un rhum agricole 100% canne rouge, issu de la récolte 2023. La fermentation est d’une durée de 48 heures et la distillation se fait à l’aide d’une colonne Savalle en cuivre et en inox de 28 plateaux. Il est ensuite mis en repos 12 mois avant d’être embouteillé par réduction lente à 60% d’alcool par volume.

Il est de couleur translucide,

Au nez, il est végétal et un brin herbal. Assez doux et aimable jusqu’ici, je ne le trouve pas si puissant malgré ces 60% annoncés. J’ai un côté poivré/salin qui apparaît ainsi que du citron vert (de la lime) avec la rétro-olfaction qui vient bonifier l’expérience. Une sacré belle expérience, que dis-je !!

En bouche, il est bien végétal et huileux/suave sur la texture. La canne y est fruitée (citron vert! humm) et assez élégante. La puissance est là, mais bien intégrée. J’aime bien ce qu’il donne, une belle canne rouge, très herbale et exquise. Il me parait un peu moins sucré et gourmand/enjôleur que le Parcelle No 1 mais aucunement moins délicieux, même je dirais tout autant sinon davantage. Il y a un  »statement » ici 😛

La finale est très longue, savoureuse et assez gourmande sur la canne fruitée et saline. Une découverte pour moi mais sans surprise, j’aime habituellement ce que fait Longueteau en Canne Rouge qui transpire l’agriculture, si je peux me permettre de le dire ainsi. Il faut aimer ce que les rhums agricoles peuvent apporter mais une fois que nous y sommes, je peux vous garantir que le plaisir est multiplié et ce rhum le démontre carrément à mon sens! Il se vendait 50 Euros donc environ 78$ en dollars de chez nous. Une belle prise celui-ci !! 🙂

Santé les amis!