
Évaluation – Père Labat Brut de colonne 70,7 (Batch #2)
La Guadeloupe ne s’est pas toujours appelée ainsi. Les indiens Caraïbe, ses premiers habitants, l’avaient nommé Karukera, qui signifiait « l’île aux belles eaux ». Christophe Colomb l’a renommée en Santa Maria de Guadaloupe lorsqu’il l’a découverte lors de son deuxième voyage. En 1939, on comptait 55 distilleries sur l’île. En 1954, il en restait 37 et seulement 9 au début des années 1970. L’évolution de l’industrie du sucre explique le phénomène, un peu comme en Martinique, l’île voisine.
La sucrerie Poisson a été créée en 1860 par la famille Poisson sur le domaine de Grand-Bourg sur Marie-Galante. En 1916, la famille Rameau devient propriétaire des lieux et décide de se consacrer à la production de rhum. On achètera un alambic et une machine à vapeur qui sont d’ailleurs toujours en activité. Le nom de la distillerie »Père Labat » sera nommé ainsi en l’honneur d’un missionnaire. Aujourd’hui, l’infrastructure s’est modernisée, mais les techniques traditionnelles de production demeurent authentiques. La distillerie est a propriété du groupe La Martiniquaise, tout comme les distilleries Bellevue et Bonne Mère (DBM).
Ce rhum pur jus a été fermenté pendant 72h avec des levures de boulangers, il est distillé par la suite en colonne de cuivre de type Savalle. Il est embouteillé suite à la distillation à 70,7% d’alcool par volume et il est limité à 3 500 bouteilles. J’ai la bouteille #581 en main présentement.
Il est translucide,
Au nez, il est frais et iodé sur la présence de la canne nette et intense, je la trouve herbacée. Il me semble plutôt suave, minéral, salé et séducteur. Le niveau aromatique est très élevé, les arômes sont bruts et on se sent vraiment adossé sur l’appareil distillatoire à discuter avec le distillateur en plein boulot! Il est définitivement assez unique.
En bouche, il est doux, suave, même crémeux par instant. Surprise pour ma part, je ne le trouve pas très puissant, il est plutôt en équilibre et même assez en douceur compte tenu de sa puissance alcoolique. Il est minéral, la texture est douce, par la suite je retrouve du beurre d’amande, du chocolat blanc, un côté salin (les olives même car le sel est assez présent!) et les notes végétales.
La finale est longue, douce et minérale sur les notes de la bouche. Il se boit bien, j’en oublie son 70,7% mais ouf faut faire attention! Il n’est pas disponible au Québec, il se vend approximativement 95$ canadiens, si on fait la conversion en devises de chez nous. On suggère de le déguster congelé, en »Ti-Punch givré ». C’est à essayer un de ces jours pour ma part.
Bonne découverte !
