Mon Rhumfest Paris 2ième partie

par Pierre-Olivier Coté
*Attention les commentaires qui suivent se veulent être une opinion très sommaire des rhums dégustés et n’est en rien une évaluation complète. Ayant goûté de nombreux rhums à différents degrés et différents moments de la journée, notre opinion était parfois influencée par les rhums précédant et notre nez ainsi que notre palais pouvaient devenir fatigué à certains moments. Tout de même, cela donne un petit aperçu ainsi que notre première impression pour ces rhums. 

Jour 2 dimanche le 8 avril 2018

Notre deuxième journée fut plus tranquille au niveau dégustation car nous présentions une Masterclass sur les rhums canadiens ainsi que le milieu dans lequel ils évoluent. Nous avions apporté le Chic Choc qui est un rhum épicé avec des épices boréales du Québec. Nous avions aussi le rhum blanc Fort La Tour de la distillerie Fils du Roy du Nouveau-Brunswick. Et pour finir, nous avions l’excellent Leatherback Cask Strength de la distillerie North of 7 situé à Ottawa en Ontario. Belle expérience pour nous de faire cet exercice devant un public français, plusieurs bonnes questions sur le milieu et les réglementations québécoises. Ce fut un réel plaisir pour nous d’animer cette Masterclass.

 

 

Suite à quelques échanges intéressants avec les gens présents, nous nous sommes rapidement remis aux dégustations! Nous avons donc commencé cette deuxième journée par les Rhums JM où nous avons pu comparer 2 finitions : le JM finition cognac et le JM finition Armagnac. Le premier m’a quelque peu déçu, oui la finition était présente au nez, mais en bouche il tombait à plat beaucoup trop rapidement. Nous ne retrouvions pas ce manque de longueur avec la finition armagnac, que j’ai trouvé vraiment plus intéressant dans son ensemble. Ensuite nous sommes arrêté chezTranscontinental Rum Line, qui est une marque relativement jeune appartenant à La Maison Du Whisky. Nous avons débuté avec un rhum de mélasse de Guadeloupe titrant à 43%. Au nez nous avions des notes typiques de mélasse, de vanille et quelques fruits avec en bouche des fruits très mûrs. Un rhum correct mais sans plus. Passons au deux prochains qui m’interpellaient plus. Le premier, un Jamaïque Worthy Park qui, si je me rappelle bien, était présenté au degré «Navy strength» de 57,18% avec un nez typiquement jamaïcain qui présentait des notes intenses de fruits mûrs avec une bouche très expressive sur les fruits de la passion et un peu de gingembre. Un beau Worthy Park pour le prix car cette gamme présente différents rhums soit en version réduite ou non réduite mais à des prix très raisonnables. Ensuite, il y avait unGuyana 2004 en version brut de fût à 60,1% qui était un rhum provenant de l’alambic Port Mourant que je voulais goûter. Un bon Port Mourant avec un nez typique des rhums provenant de cet alambic, avec de subtiles notes salines et poivrées, la bouche allant dans le même sens ne reniant en rien son origine. J’ai trouvé l’alcool très bien intégré, je lui ai quand même préféré le Port Mourant de Excellence Rhum mais il reste que c’est un beau produit.

 

 

Donc ensuite, nous nous sommes arrêté à La Maison du Rhum qui est une marque liée à la société Dugas, le concept : des rhums vieillit sur place dans leur pays d’origine, 1 origine, 1 distillerie, 1 histoire. La présentation de ces rhums est vraiment superbe, je voulais donc voir si le contenu l’était aussi. Donc nous avons débuté avec le Guadeloupe 2009 provenant de chez Damoiseau et titrant à 42%. Le nez est assez timide avec des notes de canne sucrée et d’ananas. En bouche nous avons une belle fraicheur agricole tout en douceur avec un léger côté fruité et vanillé. Un rhum qui m’a semblé assez jeune et qui, je crois, aurait bénéficié d’un vieillissement plus long mais tout de même intéressant et très accessible. Notre deuxième rhum était le Trinidad & Tobago provenant de la maison Angostura et titrant à 43%. Il se présente au nez avec une douce mélasse accompagnée de vanille et de fruits rouges. En bouche c’est beaucoup plus pâtissier qu’au nez, on y retrouve aussi le nougat et le sucre brun. Assez bien dans son ensemble celui-ci, moi qui n’est pas un fan des produits Angostura j’ai bien aimé celui-ci. Ensuite nous avions un St-Lucia 2010 à 45% qui a été distillé chez Santa Lucia Distillers. Celui-ci avait un nez très intéressant avec des notes fruitées et quelques peu fumées. La bouche m’a paru encore plus intéressante et complexe avec des notes de vanille, de tabac, de mélasse et de sucre en poudre avec une très belle longueur pour une finale fumée et poivrée. Le suivant, le Guatemala à 45%, nous provenait de la distillerie qui produit le rhum Botran. Nous avions un nez quelque peu caoutchouteux avec des notes de cannelle et de fruits tropicaux alors qu’en bouche, c’est un peu médicinale avec des notes de sirop aux cerises, de café et de cacao. Même s’il avait une belle longueur, j’ai trouvé la finale trop portée sur les bonbons. Ensuite vint un Colombie 8 à 15 ans d’âge à 46%, fait par la Hacienda Coloma et qui a subi une finition en ex-fût de liqueur de café. Au nez nous avions des notes de miel, caramel et vanille alors qu’en bouche nous étions sur le tabac, le miel et le café avec quelques épices en fin de bouche, pas vraiment dans mes goûts mais je l’ai trouvé correct et je suis certain qu’il doit être très populaire. Pour finir, nous avions un Réunion 2011 à 45% provenant de la distillerie Rivière du Mât. J’ai trouvé le nez très alcalin au début pour ensuite dévoiler de chaudes épices avec quelques fruits. La bouche qui avait pourtant bien débuté, étant légèrement gourmande et fruitée, m’a finalement déçu étant courte et moins complexe que ce que j’aurais espéré… Au final c’est le rhum qui m’aura le plus déçu de la gamme, mais il faut dire que c’est probablement celui dont j’avais les plus fortes attentes. Donc pour conclure, il s’agit d’une gamme assez variée pour tout les goûts qui aura été couronnée pour ma part par le St-Lucia 2010 sans aucun doute.

Nous avons terminé cette journée au stand Ti Arrangé de Ced/Longueteau où nous en avons profité pour échanger avec Cédric Brement et Monsieur Longueteau! De belles discussions et des fous rires en plus. Nous avons aussi beaucoup parlé du marché québécois qui représente de gros défis pour les producteurs. Du côté de Cédrick, j’ai vraiment aimé les nouveautés, surtout le Ti-Arrangé GwaMaré Citron/Gingembre et le Orange/Citron; les 2 étaient excellents avec un petit penchant pour le Orange/Citron. Avant de quitter la salle, François me sert un verre du nouveau Longueteau Prélude que j’ai vraiment apprécié. Nous étions en grande discussion alors je n’ai donc pas pris de notes de dégustation sur celui-ci mais je me suis inscrit la note «intéressant-à re-goûter». En nous rendant à la sortie, Baptiste et moi décidons d’en profiter pour goûter un dernier rhum, nous nous arrêtons donc sur le Karukera select cask 2009. Bien sûr nous sommes un peu fatigué à cette étape-ci, j’ai trouvé le nez bien mais pas assez expressif et la bouche tombait à plat trop rapidement. Alors nous décidons (finalement!) de finir cette journée sur une meilleure note avec le Karukera l’Intense qui est un rhum blanc agricole titrant à 60,3% et là ouf que je ne suis pas déçu!!! Le nez est d’une belle fraîcheur végétale avec une touche d’agrume que l’on retrouve en bouche avec une belle complexité mais surtout une belle intensité. Oh que ça fini bien la journée avant une petite pause de quelques heures pour ensuite se diriger au Dirty Dick qui est un tiki bar très réputé où nous allions retrouver entre-autre Alexandre Beudet, Baptiste Bochet et même Monsieur Alexandre Gabriel.

 

Jour 3 (journée pro) 9 avril 2017

 

Troisième et dernière journée de ce Rhumfest Paris 2018. Après avoir pris un bon petit dej dans un petit bistrot parisien et fait une liste des rhums que nous voulions absolument goûter, nous nous sommes mis en route! Nous avions réussi à nous inscrire à la Masterclass de Daniel Baudin et Christian Vergier des rhums Trois Rivières mais n’étant pas habitué à la durée du trajet de métro, nous sommes arrivée en retard! Mais petit fait cocasse, la Masterclass commençait à 11:00, heure à laquelle nous sortions de la station de métro et nous avions un 15 minutes de marche à faire pour arriver sur place. Au lieu de courir, Max a soudainement pensé à ouvrir son cell sur Facebook où la Masterclass était diffusé en direct, nous avons donc marché en suivant le tout en direct jusqu’à notre arrivée à la salle hahaha! Nous sommes arrivé tout juste à temps pour goûter le Trois-Rivières Single Cask 2006 Cask Strength, 55,5% pour bien débuter la journée! Et wow, on commence en force! Un rhum vraiment excellent tant au nez qu’en bouche. Il s’agit ici d’un des rhums les plus boisés que j’ai pu goûter, mais un boisé magnifiquement bien maîtrisé. Nous avons au nez de magnifiques notes de chêne grillé avec de douces notes de vanille ainsi que de cerises. En bouche, nous avons aussi le boisé qui reste bien présent avec un peu de cannelle et une touche de poivre pour évoluer vers une longue finale sur le tabac, la canne et le chêne avec un côté salin. Ensuite nous avions le Single Cask Millésime 2003 à 43% qui me semblait bien, mais je dois avouer que je ne lui ai pas porté toute l’attention qu’il méritait car j’étais encore sous le charme du 2006 Cask Strength. Le dernier rhum de cette Masterclass était le Single Cask Millésime 2006 à 43% qui avait un nez très intéressant oscillant entre un côté minéral et un côté fruité avec une bouche plus axée sur l’aspect salin et végétal et une finale sur le chêne grillé. Un autre très beau single cask de chez Trois-Rivières.

 

Suite à cette très belle Masterclass, nous voulions continuer du côté des rhums agricoles avec une marque que je voulais goûter depuis un bon moment, la A1710. Cette petite distillerie est toute récente mais elle a déjà une très belle réputation. Nous avons donc fait le tour de la gamme avec Stacy en commençant par La Perle 2017 à 54,5%. Au nez il s’y dégage une belle douceur végétale accompagnée de légères notes d’agrumes. L’arrivée en bouche se passe surprenamment en douceur avec une belle complexité sur des notes de papayes et de canne. Nous nous regardons tous les 3 suite à cette dégustation et nous sommes tous d’accord sur cette perle; il s’agit certainement ici d’un autre de nos coups de cœur de ce rhumfest. Ensuite, nous avons goûté La Perle Rare canne bleu et La Perle Rare canne rouge qui sont 2 excellents rhums eux aussi, très intéressant de les goûter côte à côte. Pour ma part, j’ai préféré la canne bleu qui m’a semblé plus végétale et épicée alors que Baptiste lui préférait la canne rouge qui elle, me semblait plus fruitée et un peu plus gourmande. Ensuite nous avions le Renaissance à 52% avec un nez axé sur la fraîcheur végétale de la canne et en bouche une belle douceur minérale accompagnée d’un beau bouquet d’épices. Une autre réussite celui-ci. Pour finir les blancs, nous avions en primeur La Perle Brute à 66% qui lui m’a jeté par terre! Un nez principalement sur la canne mais avec un côté fruité et quelque peu poivré avec une bouche elle aussi fruitée, légèrement sucrée et végétale, le tout avec une longue et belle finale. J’ai vraiment aimé cette gamme qui selon moi peut facilement plaire à plusieurs avec les différents blancs qu’elle propose. Chacun de nous avait une préférence différente mais au final il y a la La Perle récolte 2017 qui a fait l’unanimité en tant que l’un de nos coups de cœur de ce Rhumfest. Nous avons par la suite goûté un de leur rhum vieux mais il s’agit ici d’un assemblage de rhums provenant de différentes distilleries, leurs «rhums vieux» n’étant pas encore assez vieux étant donné la «jeunesse» de cette distillerie. Nous avons goûté le Tricentenaire qui est un assemblage de 5 rhums de 6 à 17 ans vieillit en ex-fût de cognac et titrant à 43.9%. Au nez c’est assez gourmand avec des fruits confits, de l’écorce d‘orange et du tabac. En bouche, nous avons des épices avec les fruits confits pour finir avec un léger côté salin et boisé. Un bon rhum dans son ensemble mais je lui ai préféré les blancs. Par contre j’ai bien hâte de pouvoir goûter leur propres rhums vieux.

 

Alors que Max et Baptiste étaient au stand Damoiseau (je soupçonne Baptiste d’y être allé pas seulement pour le rhum hahaha!) j’ai décidé d’allé voir du côté de Trois Rivières pour goûter le reste de la gamme que nous n’avions pas lors de la Masterclass. J’ai débuté avec le nouveau Triple Millésime qui titre à 42%. Au nez nous y retrouvons des raisins avec des fruits confits ainsi qu’un beau boisé tout en préservant son côté agricole. En bouche nous y retrouvons les fruits confits mais aussi la papaye et on y retrouve de belles épices avec encore une belle présence de chêne. Cette dégustation me confirme que ce nouveau Triple Millésime est tout aussi bien que l’ancien et que c’est plus qu’un excellent rapport qualité/prix, je suis vraiment charmé! Ensuite vint le VSOP à 40% que j’ai trouvé correct avec au nez des notes de vanille, de chêne et de raisin sec alors qu’en bouche nous avions le chêne avec un belle douceur accompagnée de fruits. Ensuite, place au 12 ans à 42% qui dévoilait un nez tout en fraîcheur avec des amandes, des épices, du massepain, des prunes accompagné d’un beau boisé. La bouche elle, nous dévoile le chêne tout en beauté avec un beau et gros bouquet d’épices explosif accompagné de vanille et de fruits. Cette dégustation avec le reste de la gamme m’a reconfirmé ce que je savais déjà à savoir que ce rhum est tout à fait excellent!!! Pour finir, il y avait la Cuvée Oman à 42% qui est un assemblage de 12 millésimes. Celui-ci se présente tout d’abord avec un nez assez doux pour ensuite présenter plusieurs épices et quelques fruits, un nez vraiment beau et complexe que j’aurais aimé avoir plus de temps pour décortiquer. En bouche, nous avons une explosion d’épices avec du chêne et du zeste de citron. Un autre excellent rhum de chez Trois Rivières et très différent du reste de la gamme, une belle réussite! Difficile pour moi de choisir mon préféré dans cette gamme car j’adore ce que Trois Rivière fait. J’ai vraiment aimé le Triple Millésime pour sa versatilité, le 12 ans pour sa longueur, sa complexité et son intensité et la Cuvée Oman pour son originalité et son côté explosif en bouche. Lorsque nous en parlons Max, Baptiste et moi, le Triple Millésime revient toujours dans la discussion à titre comparatif avec les autres et ce pour différentes raisons. Ce qui me pousse à croire que ce Triple Millésime est probablement un de nos coup de cœur à tous les 3!!! Suite à cette dégustation, nous croisons quelques administrateurs de la page Plantation Addict, dont Steve Cossin et c’est ce qui nous amène au thème de la prochaine heure: les rhums Plantation!

13 heures arrivant, il était maintenant temps pour nous de se diriger à la Masterclass de Monsieur Alexandre Gabriel des rhums Plantations. Une Masterclass axée principalement sur les substances volatiles pour mieux comprendre d’où proviennent les éléments aromatiques du rhum. Il a été beaucoup question aussi des fameux esters donc inévitablement Monsieur Gabriel nous a parlé beaucoup de la Jamaïque. Et au travers de tout cela, il nous présentait les nouveautés de la gamme des millésimes. Donc une première nouveauté est le Pérou 2004 à 43,5% qui est très fin au nez avec des notes d’anis, de caramel et de douces épices. La bouche elle, est dominée par le bois et les épices. J’ai trouvé celui-ci correct mais sans plus. Je dois dire qu’il est moins dans les styles de rhum que j’aime et qu’au travers de tout ce que nous avons goûté, il est peut-être un peu trop fin et délicat mais je suis certain qu’il va être très populaire. Ensuite, nous avions le Fidji 2009 à 44,8% que j’avais bien hâte de déguster car j’avais énormément apprécié l’Extrême Fidji. Le nez est très dense et boisé avec des notes de cuir, de banane et de muscade. En bouche c’est très surprenant car il est légèrement tourbé et fumé avec une légère salinité pour ensuite y découvrir des notes de gingembre, de caramel et de cacao. Vraiment un beau rhum très surprenant qui, soit dit en passant, n’a pas été dosé, donc aucun ajout au bonheur des puristes! Voilà un très bel ajout au portefolio de Plantation qui ajoute de la diversité! Ensuite nous avions le nouveau Jamaïque 2005 à 45,2% qui lui aussi n’a pas été dosé. Monsieur Gabriel nous explique que dorénavant les rhums Plantation Jamaïque ne seront plus dosés pour être plus authentiques au terroir car la réglementation l’interdit en Jamaïque. Alors au nez c’est très fruité avec l’ananas et un peu de chêne. En bouche nous retrouvons ces fruits mais avec des notes plus puissantes et mentholées. J’ai vraiment aimé ce nouveau millésime que j’ai trouvé mieux réussi que le dernier Jamaïque de la marque, encore une belle surprise. Pour finir, nous avions droit à une primeur mondiale car Monsieur Gabriel nous avait apporté une version non finale du nouvel assemblage de la maison soit le Xaymaca Special Dry. Celui-ci est un assemblage de rhums distillés en pot still provenant des distilleries Long Pond et Clarendon, il titre à 43% et selon ce qu’on nous a dit, il sera vendu à un prix très abordable. Donc au nez nous avons beaucoup de fruits avec entre-autre la poire, la banane et l’ananas très mûr pour ensuite laisser paraître des notes poivrées et boisées au travers desquelles nous y retrouvons une touche de cuir. En bouche c’est très lactique avec du beure presque brûlé, on y retrouve aussi des fruits très mûrs avec la poire, la pomme et les raisins. La finale est très longue avec une touche d’olive et de fruits mûrs. Vraiment un très bel assemblage ce nouveau Xaymaca, une belle complexité pour un produit qui sera à un prix raisonnable, bien hâte d’y regoûter. Très intéressant cette Masterclass de Monsieur Gabriel, on peut très bien voir que cet homme est passionné par ce qu’il fait et il partage très bien cette passion! Avant de retourner aux dégustations, nous passons saluer Alexandre Gabriel et nous lui disons «à demain» car il nous reçoit au Château Bonbonnet le lendemain mais ceci sera pour un autre article! 😉

 

 

En se promenant dans les halls j’entrevois 2 bouteilles noires chez El Dorado, sachant ce qu’elles étaient je presse les gars d’aller goûter!!! Donc, il s’agit des 2 dernières sélections de El Dorado pour leur gamme Rare Collection qui représente différents bruts de fûts provenant d’alambics distincts. Le premier était le Port Mourant 1997 qui est embouteillé à 57,9%. Au nez on reconnaît immédiatement la touche «Port Mourant»; on y retrouve une touche fruitée mais saline aussi avec un léger caramel. En bouche, c’est très salin sur le cuivre et la banane flambée alors que la finale est très longue sur le poivre et les fruits tropicaux. Vraiment intéressant celui-ci. Ensuite nous avions le Enmore 1996 à 57,2%. J’avais très hâte à celui-ci car j’ai toujours eu une préférence pour les rhums provenant du coffey still Enmore par rapport aux Port Mourant, Versailles, etc. de chez DDL. Donc au nez, nous avons quelques fruits mais surtout du caramel, du tabac, de la mélasse ainsi qu’un beau boisé. En bouche, c’est explosif, épicé et gourmand avec des notes de muscade, de tabac, de cannelle et de sucre brun allant vers une finale sur les pruneaux, la cassonade, les dates et un beau tabac en fin de bouche. Wow!!! J’ai vraiment aimé celui-ci, je dois dire que je n’ai quand même pas eu la chance de goûter des dizaines d’Enmore comme certains pour comparer, mais je peux dire que ce Enmore 1996 par El Dorado est tout à fait excellent et est sans aucun doute un coup de cœur!

 

Ensuite j’ai perdu mes 2 comparses, alors à ce moment j’avais 2 choix : essayer de les retrouver ou aller goûter les rhums de La Favorite…Donc le premier rhum est le Bel Air Récolte 2017 qui titre à 53% (haha bien quoi?!? J’aime bien mes amis mais il ne faut pas oublier le rhum!!!!). Il se présente avec un nez sur la canne légèrement sucré et très végétal. La bouche se développe en douceur avec de belles notes sucrières et végétales. Wow un sublime rhum blanc, j’adore! Ensuite, il y avait La Réserve du Château 2000 à 43% qui présentait au nez un beau boisé avec la canne, un peu de sucre d’orge ainsi qu’un léger poivre. L’arrivée en bouche est douce et évolue de la canne vers les amandes et les fruits avec une finale poivrée et légèrement vanillée. J’ai bien aimé celui-ci, un très bon rhum. Pour rester dans le même style, il y avait ensuite La Réserve du Château 2002 aussi à 43%. J’ai trouvé celui-ci plus fruité au nez avec de belles notes poivrées et végétales alors qu’en bouche il y avait une surprenante douceur accompagné de canne et de vanille. Un bon rhum aussi mais je lui ai préféré le 2000. J’ai continué cette dégustation avec La Cuvée Privilège 1999 André Dormoy qui titre à 43%. Le nez a un très beau côté végétal qui se développe vers les fruits avec un léger beurre. En bouche c’est tout en douceur pour ensuite y retrouver des épices, des noix et du miel avec une très longue finale. Un autre rhum ici que j’ai bien apprécié. Le suivant était La Cuvée la Flibuste 1991 titrant à 40% avec au nez de belles épices, des pruneaux et de la canne poivrée. En bouche c’est assez surprenant avec une certaine douceur et sucrosité qui accompagne l’aspect végétal alors que la finale est longue sur la canne, la cannelle et le poivre. Un rhum qui est très bien mais que j’ai trouvé très spécial voir même déroutant pour un rhum agricole. Pour finir il y avait le nouveau Millésime 2009 qui est un brut de fût à 48% vieilli en fût de cognac. Il dévoile un très beau et doux nez avec des notes de miel, de poire et de canne. En bouche on y retrouve la canne avec de douces épices poivrées, la banane et les fruits confits. Un rhum élégant et délicieux, wow j’adore!!! Ça termine en beauté ce survol de la gamme de La Favorite.

Je retrouve enfin les boys pour retourner au kiosque des nouveautés où nous avions promis à Alexandre Beudet (Fondateur de www.excellencerhum.com )d’aller découvrir les 4 nouveautés 2018 de sa gamme. Excellence Rhum est un site de vente en ligne (et nouvellement avec un boutique sur Paris pour ceux qui seront de passage!) ((et non ceci n’est pas une pub payé haha!)) qui est spécialisé dans le rhum. Alexandre est un homme très sympathique qui est aussi un passionné de rhum, donc il n’est pas surprenant que nous nous soyons bien entendu avec lui lorsque nous sommes allé prendre un verre au Dirty Dick la veille. D’ailleurs lors de cette soirée, Baptiste Bochet (Rumporter et Colada Cocktail) nous disait que Alexandre ne faisait que de la merde! Connaissant de mieux en mieux ce Baptiste et son humour, nous étions très curieux de découvrir les rhums  embouteillés par Alexandre qui sont tous des brut de fût! Cette gamme est entièrement embouteillée et étiquetée à la main sans aucun ajout aux rhums. Le premier rhum de cette collection 2018 était un rhum de la Barbade, le Foursquare Millésime 2007 titrant à 64,4%. Au nez on reconnait bien son côté très Barbade avec des notes de noix de coco qui sont accompagnées de miel, de petits fruits ainsi que d’un doux caramel. En bouche c’est explosif avec 64,4% avec une pointe pimentée et épicée pour ensuite s’adoucir sur le cacao, la mélasse et les fruits. Une excellente sélection de Excellence Rhum (quoi elle était trop facile celle-là!). Le suivant était un Fidji de laSouth Pacific, le Millésime 2004 titrant à 65,5%. Au nez nous avions des fruits tropicaux, de la vanille et du camphre. Alors qu’en bouche nous avions du miel, des noisettes avec quelques épices. Tout dépend des goûts mais j’ai trouvé celui-ci juste correct. Étant tombé sous le charme de ce que Plantation avait fait avec ses Fidji, je dois dire que j’avais de très fortes attentes pour celui-ci. Ensuite nous avions un Port Mourant Millésime 2018 à 62,2% provenant du célèbre pot still double en bois de chez Demerara Distillers Limited au Guyana. Le nez est très fruité pour commencer avec la banane mûre et les raisins avec en plus le caramel accompagné de belles notes saline. En bouche nous y retrouvons les notes du nez mais avec une plus grande présence de vanille et de sel pour se diriger vers une longue finale sur les fruits très mûrs avec le cantaloup et la costarde. Une autre belle réussite celui-ci malgré son jeune âge, il se défend très bien à comparer d’autres Port Mourant, d’ailleurs je l’ai préféré par rapport au Port Mourant 1997 de El Dorado qui a le double de son âge! Pour finir nous avions un petit jamaïcain provenant de la distillerie Worthy Park, qui est un Millésime 2007 et titrant à 57%. Au nez c’est du bonbon mais d’une belle façon! Nous avons un beau côté gourmand avec la banane et l’ananas avec un côté plus floral qui est accompagné de mélasse et d’écorces d’orange. En bouche c’est assez surprenant avec ce côté floral que nous avions au nez mais beaucoup plus présent. Au travers de ce dense bouquet parfumé nous y retrouvons des fruits tropicaux très mûrs et aussi le chêne mais seulement en arrière-plan. Un autre très bon rhum de cette collection qui est très déroutant par son côté parfumé, même si je trouve qu’il manque un tout petit peu de «funk» jamaïcain, il reste qu’il est très bien réussi et foutument bien balancé avec ses 57%. Donc cette Collection Excellence Rhum 2018 est vraiment très intéressante, la variété des rhums proposée est très belle, la transparence sur les étiquettes et le fait de les proposer sans dilution et sans ajout est très louangeable. Nous en discutons entre nous et il y a hésitation entre le Port Mourant et le Foursquare, difficile de choisir un préféré mais je crois que nous avons un consensus pour le Foursquare Millésime 2004 Collection 2018 qui je crois bien fait même partie de nos coups de cœur!

Non loin de là se trouvait un autre embouteilleur indépendant à qui je voulais rendre visite, La Compagnie des Indes. Il faut dire qu’à ce stade-ci de notre journée et surtout après les 4 brut de fût Excellence Rhum, nos palais et nos nez commencent à être fatigués mais je vous donne quand même une brève description de ces rhums! Le premier avait déjà piqué ma curiosité sur le net, j’avais donc hâte découvrir le Tricorne qui se veut un assemblage tout à fait unique. Il est composé de rhum blanc de mélasse, rhum blanc agricole ainsi que du batavia arrack qui est un genre de rhum provenant d’Indonésie. Il titre à 43%, a un nez floral, assez unique et intéressant avec une bouche fruitée et très herbacée. Un bon rhum mais très spécial! Ensuite nous avions un Venezuela 12 ans à 43% qui se présentait avec un nez très doux et fruité avec un léger boisé et la bouche douce et sucrée. Un rhum correct mais pas vraiment dans mes goûts. Le suivant était un Guyana Diamond 14 ans à 43% que j’ai bien aimé avec sa bouche fruitée très intéressante mais dont j’ai trouvé la finale trop courte. Ensuite il y avait un Trinidad 15 ans à 44% avec un nez fruité et boisé mais avec une bouche trop sucrée à mon goût. Un rhum que j’ai trouvé correct mais sans plus, il faut dire que je n’ai jamais été un amateur des rhums produits par Angostura. Le suivant étant plus dans mes goûts, nous avions un Jamaïque 11 ans de la distillerie Clarendon et titrant à 43%. Au nez on y retrouve une bonne présence en esters avec beaucoup de fruits accompagnés d’un côté plus lacté et salin. En bouche on y retrouve des notre de cuir, de noix de muscade et de poire. Celui-ci m’a vraiment plu, un rhum beaucoup plus dans mes goûts. Et pour finir nous avions un brut de fût Venezuela 12 ans à 58% qui se trouve à être la version non réduite de celui dégusté plus tôt. Donc au nez on y retrouve le même nez doux et fruité mais plus défini avec des pruneaux, du caramel et…des bonbons «rocket». En bouche c’est aussi sucré comme la version réduite mais avec plus d’épices et en plus complexe. Même si ce rhum est moins dans mes goûts, j’ai bien aimé cette version qui m’a semblée plus complète, l’alcool plus élevé semblait mieux présenter les arômes et mieux soutenir sa structure. J’ai trouvé que La Compagnie des Indes était très intéressante pour sa diversité. Sérieusement, ils en ont pour tout les goûts, et nous n’avions là qu’un partie de la gamme. Nous avons eu 3 de leurs assemblages cette année au Québec mais il serait intéressant d’avoir aussi certain de ces single casks car ils ont une belle diversité.

 

Pour cette fin de Rhumfest, nous avons goûté quelques autres rhums ici et là, avec entre-autre le HSE Single Cask Millésime 2003 qui titre à 47,8%. Ce rhum dévoile au nez de magnifiques notes de fruits confits avec un beau boisé qui vient complémenter le côté végétal, le tout est accompagné de légères notes vanillées. Un superbe nez qui présente un très belle complexité. En bouche ça va dans le même sens avec les fruits confits ainsi que de belles notes de canne et de chêne le tout avec une très belle et longue finale. Wow un rhum vraiment magnifique que je n’ai pu m’empêcher d’acheter quelques temps après le Rhumfest chez Christian de Montaguère (wing wing petit clin d’œil publicitaire! Haha). Mais plus sérieusement sans vouloir nécessairement faire de la pub (Eh non je n’ai rien en retour de ça, juré!), j’ouvre une petite parenthèse de ce voyage pour les amateurs de rhums du Québec. Si jamais vous voyagez en France, ce genre de boutique qui sont des caves à rhum sont géniales pour les amateurs de rhum! Outre la sélection de rhums incroyable pour un québécois, on peut s’y faire conseiller tranquillement selon nos goûts, en dégustant des échantillons de plusieurs rhums. C’est tout simplement génial pour trouver des bouteilles vraiment à notre goût! (fin de cette parenthèse qui peut sembler anodine et sortie de nulle part pour un lecteur en France mais pour nous au Québec ce concept de cave à rhum n’existe malheureusement pas.) Donc pour résumer, ce HSE est sublime!!! Ensuite, nous avons essayé le nouveau Izalco10 ans (pas solera nous a-t-on dit) et qui titre à 43%. Au nez nous avons des notes de caramel, de mélasse, d’abricot et de tabac. En bouche, nous avons de doux bonbons, du miel et du tabac, c’est très doux et sucré mais il manque un peu de «kick». Je m’informe et on me dit qu’il n’y a que 8g de sucre ajouté par litre, je laisse le bénéfice du doute au coureur mais ce rhum n’est pas ma tasse de thé (ou de rhum?!?). Par contre, je suis certain qu’il va remporter un franc succès car il risque d’être très apprécié par de nombreux amateurs du style. Suite à celui-ci, j’ai décidé de rester ouvert et d’aller essayer le Don Papa Rare Cask qui titre à 50,5%. Certain se rappelleront peut-être cette évaluation que j’avais fait du Don Papa 7 ans , rhum (si on peut l’appeler ainsi) que je n’avais vraiment pas apprécié. Donc comment était le Rare Cask? Au nez ça ressemble drôlement au Don Papa 7 ans mais quand même moins sucré, la bouche est correcte sans plus jusqu’à la finale qui est déplaisante avec un arrière-goût de sirop pour la toux…un peu mieux que le 7 ans à 40% mais vraiment décevant quand même.  À vrai dire, je ne devrais pas dire un peu mieux mais plutôt un peu moins pire…ils ont dit que c’était un brut de fût mais je dirais plutôt un brut de laboratoire…bon c’est fait, passons à autres choses! Tout comme la veille, nous avons décidé de terminer cette dernière journée au Kiosque Ti arrangés de Ced/Longueteau où nous avions eu beaucoup de plaisir à discuter! Les gars parlent et déconnent un peu avec Ced alors que de mon côté j’en profites pour parler un peu du carbamate d’éthyle que l’on retrouve en différentes quantités dans les rhums agricoles avec Monsieur François Longueteau. Et tant qu’à parler de rhum, aussi bien le faire avec un bon rhum en mains! Alors c’est ce que j’ai fait car François m’a proposé le nouveauSymphonie de la Gamme Harmonie de Longueteau qui titre à 49,2%. Au nez il y avait bien sûr la canne mais avec un léger poivre et la muscade. En bouche c’est bien équilibré avec une bouche très douce même avec ses 49,2%. Un rhum que j’ai trouvé très bien mais que j’aimerais regoûter dans un autre contexte et surtout pas après le Don Papa rare cask! Pour finir, je devais essayer le Concerto mais nous devions quitter et je ne voulais pas manquer ma chance de goûter le Genesis qui se trouve être un brut de colonne à 73,51% exactement! Alors là wow, on finit en beauté.  Le nez démontre une très belle balance malgré le fort degré d’alcool. On y retrouve entre-autre la canne avec la poire et un très léger côté sucré. La bouche elle, est explosive et élégante avec des notes pimentées et poivrées pour évoluer vers les agrumes. Je passe mon verre à Baptiste qui ne veut plus me le redonner! Haha c’est signe que nous avons un bon rhum entre les mains, très belle façon de terminer ces 3 magnifiques jours de dégustation.

Pour conclure, je dois dire que j’ai été impressionné par ce Rhumfest Paris 2018! Non seulement j’y ai découvert d’incroyables rhums mais je trouve que l’événement était merveilleusement bien organisé. L’ambiance était vraiment plaisante, il y avait plusieurs Maître-assembleur/Maître de Chai/et autres personnalités du rhum avec qui nous pouvions échanger, les Masterclass étaient de grande qualité, non je ne nous lance pas de fleurs, je parle des autres, même si je crois que nous avons quand même bien fait 😉 Nous avons aussi été très bien accueilli. Donc pour toutes ces raisons, je lève mon chapeau (et mon verre) à Cyrille Hugon et Anne Gisselbrecht ainsi que toute l’équipe de ce Rhumfest 2018 qui soit dit en passant ont eu le sourire lors de ces trois grosses journées! Ce fut une merveilleuse expérience pour nous, c’est un peu le rêve de pouvoir goûter tous ces rhums auxquels nous n’avons pas accès au Québec. Pour ceux qui hésitent à y aller, foncez et allez-y c’est tout simplement génial! Cheers!!!

——-> cliquez ici pour lire la partie 1

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